Un drone de levage a fait plusieurs rotations au-dessus de la Bastille, à Grenoble, mercredi 7 octobre. Déployé dans le cadre des travaux d’entretien et de sécurisation des chemins piétons, engagés depuis la fin septembre, il a acheminé des matériaux directement sur le chantier.
L’engin mesure quatre mètres de long, dispose de huit moteurs et pèse 100 kg à vide. Sa particularité : pouvoir transporter jusqu’à 100 kg de charge par rotation. Une capacité qui permet aux équipes d’approvisionner plusieurs secteurs du site sans avoir à déplacer manuellement les matériaux sur les chemins escarpés.
Deux tonnes de béton à acheminer
L’utilisation de ce drone répond à une difficulté concrète pour les ouvriers : le transport des charges dans les escaliers et sur les pentes de la Bastille. Selon les explications rapportées par France 3 Auvergne-Rhône-Alpes, les matériaux à déplacer représentent environ deux tonnes de béton.
« Le drone, c'est vraiment pour éviter de porter dans les escaliers tous les sacs de béton qui représentent à peu près deux tonnes de béton à descendre », explique Emanuel Brunet-Manquat, chargé d’affaires pour le groupe CAN, spécialisé dans les travaux spéciaux et les accès difficiles.
Grâce à ses rotations successives, l’appareil peut déposer les matériaux au plus près des zones d’intervention. Les ouvriers économisent ainsi des efforts physiques importants et réduisent leur exposition aux risques d’accident liés au port de charges lourdes.
Une alternative à l’hélicoptère
Cette expérimentation vise également à explorer de nouvelles solutions pour les chantiers situés dans des environnements difficiles d’accès. Contrairement à un hélicoptère, qui dépose généralement une charge importante en un point précis, le drone peut multiplier les rotations et approvisionner différents endroits du chantier.
« On essaie d'explorer des solutions innovantes pour le levage en accès difficile », explique Arthur Bourret, responsable du développement au sein du groupe CAN, dans un reportage de France 3 Auvergne-Rhône-Alpes.
Le bruit moins important de l’appareil constitue également un avantage pour les opérations de levage. Il facilite notamment l’accrochage et le décrochage des charges, tout en limitant le stress des équipes pendant les manœuvres.
Des perspectives pour les prochains chantiers
Pour les professionnels, le recours à ce type de drone pourrait progressivement trouver sa place dans les travaux nécessitant d’acheminer des matériaux sur des terrains accidentés ou difficilement accessibles.
Arthur Bourret estime que cette technologie présente un potentiel de développement intéressant, avec de nouvelles perspectives envisagées dès 2027. Si l’expérimentation menée à la Bastille ne constitue qu’une première étape, elle permet déjà d’évaluer les bénéfices de cette solution pour la sécurité et les conditions de travail sur les chantiers.